Touadera s’obstine dans une voie sans issue…

La situation est ubuesque. A quatre mois des élections, alors que tout laisse aucun doute sur la nécessité absolue de reporter les élections prévues en décembre 2020, le silence du président de la république, indique qu’il est tenté d’aller au casse-cou, en dépit des signaux d’alerte lancés par les forces vives de la Nation et de la prudence de la communauté internationale. Faustin-Archange Touadera ne veut pas s’en tenir à l’essentiel et s’éloigner de l’égoïsme. Et pourtant, il lui suffit de se poser la question de savoir, de quoi, a besoin actuellement, la République centrafricaine ? Le pouvoir en place ne répond pas à la question de savoir, si dans quatre  mois, tout sera en place. Pour Faustin-Archange Touadera, tant que l’Agence Nationale des Elections (ANE), ne demandera pas l’annulation des élections, le calendrier sera respecté. On est techniquement, loin du compte. Pour le président de la République, ce n’est pas parce que les forces vives demandent une concertation que lui, devrait l’accepter. Il attend d’être dépassé par les événements, et certainement la dernière minute pour mobiliser la classe politique. L’unanimité nationale en vue de la tenue d’une concertation des forces vives de la Nation, ne semble pas inquiéter le président de la république, Faustin-Archange Touadera. Apparemment, le locataire du Palais de la Renaissance n’est pas prêt à admettre son échec dans la préparation des élections. Son silence est si violent. Il ne se donne pas la peine de comprendre les enjeux. Il semble n’avoir  d’oreilles que pour ses plus proches qui lui conseillent de brouiller autant que possible, les pistes et de garder le cap. La stratégie de Faustin-Archange Touadera, consiste en fait, à surprendre les opposants. Il ne comprend pas qu’on ne peut pas gagner lorsqu’on a tous les grands partis en face. Le fondateur du MCU a pris goût au pouvoir. Le fait que ses supporters scandent, à longueur de journée qu’il est un « grand bâtisseu »r et « leur grand Berger », lui est visiblement monté à la tête. Faustin-Archange Touadera, estime qu’il n’ y aura « Pas de concertation au sujet des élections avec les opposants politiques transfigurés en société civile qui l’appellent  de tous leurs vœux uniquement pour négocier le retard dans la tenue de ces échéances aussi capitales, tant que l’ANE n’en sera pas l’initiatrice». Le chef de l’Etat se trouve face à une opposition rassemblée et déterminée, qui exige que toutes les conditions soient réunies avant la tenue des élections, malgré la fuite en avant du pouvoir, d’aller à des élections à hauts risques. L’opposition souhaite qu’on s’attarde sur les conditions minimales d’organisation des élections transparentes et crédibles. Touadera tient à rempiler, il cherche par tous les moyens à se maintenir au pouvoir. Il a du mal à s’y faire. Il ne compte pas se laisser prendre au piège d’organisation d’élections inclusives, libres et transparentes qui entérinera sa défaite. Il veut tout faire à sa guise. En vérité, le chef de l’Etat est dépassé, il ne sait plus sur quel pied danser. Il préfère supporter les contorsions de l’ensemble de la classe politique et de la communauté internationale sur les risques d’une élection sans réelle garantie. Faustin-Archange Touader a, par la voix du porte-parole de la présidence de la République, fait savoir qu’il était « réceptif à tous messages venant de qui que ce soit, mais uniquement à des messages qui tiennent compte des soucis et des désirs du peuple ». A l’entendre, la meilleure vie pour les Centrafricains, passe par l’organisation des élections en décembre 2020, coûte que coûte. Il ne comprend pas que ce que les gens redoutent, ce sont des élections organisées vaille que vaille. Il évoque l’ultime volonté à lui confiée par le peuple. Il oublie qu’il a passé tous son mandat à chercher un retour à la sécurité qui n’est jamais arrivé. Et même que tout le monde s’accorde qu’aller dans les conditions actuelles de grandes insécurité aux élections, ce serait, se risquer au pire. Le locataire du Palais de la Renaissance a beau jeu de croire qu’il est dans la ligne qui sauve, et que le ciel ne tombera pas, tout le monde reste convaincu, qu’il est temps, puisque le gouvernement a du mal à organiser les élections dans les conditions idoines,  de s’asseoir et  de réfléchir ensemble sur la tenue des échéances à venir.

Voilà un gouvernement démuni face aux groupes rebelles, qui s’appète à organiser des scrutins aux enjeux incertains. L’opposition va-t-elle accepter les résultats des élections, si le pouvoir s’entête ? C’est bien là, le véritable problème. Les forces vives souhaitent que l’on s’attarde sur tous les réglages, avant de se lancer dans la campagne, puis au vote. Nous devons savoir qu’aux prochaines élections, le peuple centrafricain doit gagner la paix et la sécurité. Or, si le pouvoir et l’opposition ne s’accordent pas, il y aura toujours les mêmes problèmes, les doutes et pleins de contestations. Sans compter, une crise post-électorale sans précédent, parce qu’on n’a pas voulu écouter les autres. En Centrafrique, plane actuellement, le spectre d’une crise électorale à venir. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder, la passe d’armes entre le pouvoir et l’opposition. Tout le monde pointe du doigt, les difficultés inlassables de l’ANE. et le fait que, les chefs des groupes armés qui sont, « les partenaires du gouvernement », selon le Premier ministre, s’opposent explicitement au déploiement des agents recenseurs dans les zones sous leur contrôle. Dès lors, s’engager dans une compétition électorale, dans les conditions actuelles, c’est prêter le flanc à toutes sortes d’accusations, c’est aussi participer à crédibiliser des scrutins dont on n’est pas sûr qu’ils seront crédibles et transparentes. Et ça aucun, poids lourd de l’opposition ne veut l’entendre.

Maurice Délévoye

L’opposition attend avec tant d’impatience, l’annonce du report des élections, et la tenue d’une concertation; Photo de famille à l’occasion du premier anniversaire de l’Accord de paix de Khartoum. On aperçoit au milieu, le président Faustin-Archange Touadera, le Premier ministre Ngrebada, Mankeur Ndiaye, le représentant résidant du SG de l’ONU à Bangui, Samuela Isopi la représentante de l’Union européenne en RCA, l’ancien Président François Bozizé, …

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