Touadera, un président plus fragile que jamais…

À cinq mois des élections, les nouvelles ne sont pas bonnes pour le chef de l’État, Faustin-Archange Touadera. L’ONU vient de reconduire l’embargo pour douze mois, même la Russie de Poutine son principal allié, a voté pour. Dans l’arrière-pays, Ali Darassa le chef d’Etat-major de l’UPC et Sidiki Abass des 3R lui rendent la situation plus difficile, dans les négociations, c’eux qui mènent la barque. Faustin-Archange Touadera doit aussi affronter les ambitions de  son ancien patron, François Bozizé, désormais officiellement candidat. Et voilà que le GTSC, le groupe de travail de la société civile sur la crise centrafricaine, lui reproche le huis clos avec le chef de l’UPC, et appelle à la désobéissance civile le mercredi 05 août…

Depuis quatre ans, le président de la République, Faustin-Archange Touadera, s’est mis au travail, pour faire entendre raison aux groupes armés, allant jusqu’à leur faire de nombreuses concessions. Ali Darassa, le chef de file de l’UPC et Sidiki Abass, le leader des 3R, sont tous deux, officiellement, membres du gouvernement. Mais cette méthode semble être un échec. Le premier est ministre conseiller à la Primature, chargé de la sécurité ; tandis que le second, occupe les fonctions de Conseiller spécial du Premier ministre,  chargé des unités spéciales mixtes de sécurité de la région du Nord-ouest. Leurs plus proches collaborateurs sont également présents dans les instances de décisions à Bangui. Mais les agissements des chefs rebelles, laissent pantois. Ils ont occasionné une insécurité criarde dans l’arrière-pays. Ils y font régner la terreur et la psychose. Le président Faustin-Archange Touadera croyait les maîtriser, il espérait aussi pouvoir obtenir, la levée totale de l’embargo. Mais ses calculs sont tombés à l’eau, l’embargo a été reconduit, cette fois-ci, non pas pour six mois, mais pour une année. Pour ce président déjà fragile, qui doit en plus désormais affronter la montée en puissance de son ancien mentor, François Bozizé Yangouvonda qu’il a essayé de convaincre par des émissaires venus de la République démocratique du Congo, tout vacille, le rêve semble s’être envolé. C’est l’amertume !Le 25 juillet 2020, au stade Omnisports, le congrès du KNK a investi, l’ancien président, François Bozizé comme candidat à l’élection présidentielle de décembre. La reconquête du pouvoir intéresse beaucoup, l’ancien parti au pouvoir. Ses animateurs se donnent bien en meetings. L’émotion est forte. Le discours du candidat François Bozizé se veut offensif. Il a peint un tableau très sombre et traumatisant de la situation du pays. Il s’en est  vertement pris à « la montée des tribalismes », « la gravité de la situation sécuritaire » et « l’absence totale d’autorité de l’État ». « Je suis le candidat de l’unité nationale et du rassemblement », a dit, l’ancien président de la République. Le coup est bien porté. François Bozizé n’y est pas allé du dos de la cuillère. Il a notamment fustigé : « l’absence de démocratie », «la confiscation du pouvoir par un petit groupe d’individus », et « les malversations financières érigées en mode de gouvernance ». Le Frères Uni numéro un, le président, Faustin-Archange Touadera et ses plus proches collaborateurs ont très mal appris la nouvelle. Ils cherchent une parade pour empêcher François Bozizé de se présenter à l’élection présidentielle. Le pouvoir en place veut sortir de vieux dossiers judiciaires, à cinq mois des élections. Cette idée sonne comme « un règlement de compte ». Le MCU veut laisser le candidat du KNK sur le bord du chemin. Alors que l’élection présidentielle doit être inclusive. Les récents mouvements constatés dans les instances judiciaires du pays, expliquent tout. Plus personne ne croit aux chances de l’actuel président de la république. Le MCU veut montrer qu’il n’a rien oublié. Faustin-Archange Touadera ne sait plus du tout, sur quel pied danser. L’affaire s’est corsée. Le KNK n’acceptera pas un procès contre son candidat. Ce serait mettre le feu aux poudres. Les cadors du parti au pouvoir pourront pérorer que Touadera n’intervient jamais dans les affaires judiciaires, personne ne les croira. Le président de la République supporte mal, la candidature de son ancien patron, qui fausse tous ses calculs. Selon les experts de l’ONU,« la perspective des élections a donné aux groupes armés une raison supplémentaire de maintenir et d’étendre leur contrôle sur le territoire ». Il y a un afflux terrible des mercenaires dans le nord du pays, actuellement. Les mercenaires veulent profiter de la situation. Touadera en ce moment, est pris entre plusieurs feux.         

Le président Faustin-Archange Touadera est décidé d’aller aux élections le 27 décembre, seulement, les autres, tous’ les autres candidats appellent au report

Anicet-Georges Dologuelé, le challenger de Touadera en 2016, l’accuse ouvertement d’être « complice » des rebelles. Et comme si cela ne suffisait pas, la récente visite du chef rebelle de l’UPC, Ali Darassa a soulevé toute une vague d’indignation. Personne ne comprend qu’on puisse autoriser ce mercenaire dont l’arrogance et la brutalité ne sont plus à démontrer, s’installer de nouveau à Bambari. Dans un communiqué, le groupe de travail de la société civile sur la crise centrafricaine (GTSC), accuse le chef du gouvernement, Firmin Ngrebada d’avoir accepté sans sourciller que le chef rebelle Ali Darassa reparte à Bambari. Gervais Lakosso a eu un haut-le-corps. Au point d’en appeler au peuple centrafricain. Ali Darassa a été invité à Bangui, il a été reçu par le président de la République, Faustin-Archange Touadera au Palais de la Renaissance, il a eu un huis-clos avec le premier ministre, Firmin Ngrebada. Cette lassitude de l’exécutif centrafricain, se heurte aux activistes de la société civile, fous furieux. Pour eux, « le Premier ministre, déterminé à garder son poste par tous les moyens, a organisé le 25 juillet dernier à Bangui, un huis-clos à l’issue duquel, il a demandé au mercenaire Ali Darassa de s’installer à Bambari, comme ce fut le cas avec Sidiki Abass à Bouar ». « Cette demande, selon le GTSC, montre clairement que le Premier ministre travaille en intelligence avec les groupes armés qui ne cessent de tuer, de violenter, de violer, de prendre en otage, les fils et filles du pays ». Gervais Lakosso affirme sans ambages que « M. Ngrebada est le visage du malheur centrafricain, le garant de l’accord de la honte ». Reprenant Thomas Sankara, le GTSC estime que « l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort ». Le GTSC demande en conséquence, à tous les Centrafricains d’observer le mercredi 05 août 2020, une journée ville morte sur toute l’étendue du territoire pour exiger : la démission de Firmin Ngrebada, le départ des ambassadeurs de la CEEAC en RCA, Nahayo Adolphe ; de l’Union Africaine, Mathias Bertino Matondo, ainsi que de madame, Denise Brown, la Représentante Spéciale adjointe de la MINUSCA. Faustin-Archange Touadera croyait tout maîtriser. Il est atterré, les mercenaires et l’ONU le pousse à bout. Le chef de l’État est acculé de toutes parts. Il sait à présent qu’il lui sera très difficile de se succéder à lui-même. À cinq mois, des élections, le miracle parait bien difficile, dans l’esprit de ce président plus fragile que jamais, tout s’embrouille. Son tandem avec Firmin Ngrebada multiplie les maladresses. Bozizé est tout feu, tout flamme ; Dologuélé est plus que combatif, Ziguélé se la joue perso, mais laisse la porte ouverte, il est devenu moins critique vis-à-vis de Bozizé ; la plateforme « Be Oko » que Touadera  a créée ne promet rien de concret. Tous les candidats déclarés ou potentiels à l’élection présidentielle, ne croient pas du tout à la prouesse d’organiser les élections à la bonne date. Touadera qui veut malgré tout, y aller, devra s’incliner. Et écouter la voix de la raison. Une concertation s’avère indispensable

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